Comment un univers SF–fantastique est né en 20 minutes
On l’a fait en live :
Pendant le webinaire 4, il y a eu un atelier en live (autour de 1h08) où le groupe a improvisé un univers de fiction en direct.
En une vingtaine de minutes, un simple thème s’est transformé en flotte de vaisseaux-loups, empire vampirique ensemenceur, planètes d’hommes-chats et caste d’archivistes mystiques.
Voici comment les idées se sont enchaînées et enrichies les unes les autres.
1. Point de départ : mêler SF et fantastique
Tout commence par une simple envie :
Mélanger la science-fiction et le fantastique,
avec un équipage de vaisseau,
une meute de loups-garous,
un capitaine Alpha un peu étrange,
et un vampire qui dénote en tant que second.
D’emblée, on est plus proche d’une intrigue que d’un univers : une relation Alpha / vampire, un contraste de natures, une dynamique de respect et de méfiance.
Le réflexe “jardinière” apparaît : partir tout de suite en histoire, en scènes, en émotions.
2. De la meute au vaisseau-flotte
Le groupe bascule ensuite vers l’univers lui-même :
et si la meute était aussi une structure spatiale ?
- Une meute = un équipage.
- Un vaisseau capital qui contient toute la meute.
- Les membres de l’équipage se comportent comme une vraie meute : hiérarchie, loyauté, serments.
Puis l’idée rebondit :
- Au début, une petite meute → petit vaisseau.
- La meute grandit → on passe à des vaisseaux plus grands.
- À terme, on obtient une flotte entière, avec :
- des vaisseaux principaux,
- des vassaux,
- des sous-meutes alliées qui ont prêté allégeance.
En quelques phrases, on a déjà :
une organisation militaire / clanique, une progression possible (de la petite meute à la flotte), et un cadre pour des jeux politiques entre vaisseaux.
3. Du duo loup-garou / vampire au bestiaire complet
L’échange bifurque ensuite vers une vraie question de worldbuilding :
Est-ce que chaque race vient d’une planète différente,
ou est-ce qu’elles cohabitent dès le départ ?
Est-ce qu’il y a des humains ? Des fées ? Des centaures ?
Le décor s’ouvre :
- On imagine des loups-garous, mais aussi :
- des hommes-chats,
- des centaures dans l’espace,
- d’autres créatures inspirées de l’urban fantasy et des mythes.
Puis le groupe zoome sur la planète des hommes-chats, en mode “évolution” :
- Des chats “simples”.
- Des formes plus évoluées, hommes-chats bipèdes, très félins, recouverts de poils.
- Des êtres proches de panthères humanoïdes d’1m80.
- Des variantes plus massives, type ours-chats.
Et, en arrière-plan, un rappel important :
une planète ne peut pas abriter une seule espèce.
Il faut donc tout un écosystème, avec proies, prédateurs, “planète des casse-croûtes” pour nourrir la planète des prédateurs.
On glisse alors vers l’idée de xéno-animaux :
des espèces inspirées d’animaux, mais inconnues de notre Terre, plus tard complétées par des chimères mythologiques (centaures, minotaures, etc.).
4. Mythe, biologie et monstres : d’où viennent ces créatures ?
Un détour par un documentaire alimente le brainstorming :
- Et si les monstres de la mythologie (Cyclopes, Cerbère, etc.) venaient :
- de malformations humaines,
- ou de fossiles mal interprétés (par exemple un crâne d’éléphanteau pris pour un Cyclope à cause du trou de la trompe) ?
Cerbère devient alors, en plaisantant, un chien siamois.
Ce détour “réaliste” sert de tremplin pour le lore :
- Les aberrations physiques,
- Les fossiles,
- Les mutations…
…peuvent devenir des sources de légendes, réinterprétées à travers les cultures de différentes planètes.
On prépare sans le dire un univers où science, mythes et mutations se répondent.
5. L’empire vampirique ensemenceur
L’échange accélère avec une idée centrale :
des espèces à longue durée de vie (vampires, éventuellement elfes) atteignent l’espace avant les autres.
Elles deviennent :
- Les premiers explorateurs,
- Les premiers conquérants,
- Les premiers à manipuler la génétique et les espèces.
Quelques pivots clés :
- Ces espèces visitent une planète de chats →
elles ramènent des chats comme animaux de compagnie sur leurs propres mondes. - En tant que vampires, elles créent des hybrides :
- par morsure,
- par manipulation génétique,
- par expérimentation assumée.
Résultat :
apparaissent progressivement des hommes-chats humanoïdes, fruits du brassage génétique vampirique.
Une image se dessine :
un empire ensemenceur, qui dissémine gènes et espèces, volontairement ou non, sur plusieurs planètes.
Pour l’habiller, une analogie mythologique :
comme un Zeus / Jupiter qui “tape” sur une créature et fait naître une chimère,
ou qui regarde un écureuil et donne, par déformation, un “Pikachu”.
Ce qui, dans l’univers, pourrait être perçu comme :
- un dieu créateur capricieux,
- alors qu’en réalité, ce serait un ancien empire vampirique et ses expériences.
6. Timeline : des ères séparées à l’âge multi-espèces
À ce stade, l’univers devient assez dense pour qu’une frise chronologique apparaisse en filigrane.
Les grandes étapes évoquées :
- Ère 1 : chaque espèce sur sa planète
Mondes isolés, mythologies locales, évolution indépendante. - Ère 2 : un grand empire (vampirique / elfe)
- Conquête spatiale.
- Ensemencement d’espèces.
- Expériences génétiques, diffusion de créatures hybrides.
- Ère 3 : la rupture
- Chute de l’empire,
- Catastrophe, révolte ou bascule historique.
- Les planètes se retrouvent de nouveau plus autonomes.
- Ère 4 : reconquête et redécouverte mutuelle
- Chaque monde réinvente des technologies, parfois à partir de fragments hérités.
- Les civilisations se reconnectent à nouveau.
- On recompose alors un espace multi-espèces, avec des degrés de tolérance très variables.
Suivant l’époque où l’on place une histoire :
- Croiser un loup-garou, un homme-chat ou un vampire dans un vaisseau pourra être :
- soit totalement anormal et inquiétant,
- soit banal et réglé par des accords politiques.
Cette simple timeline ouvre déjà la porte à plusieurs familles de récits dans un même univers.
7. Un vampire oublié, personnage central potentiel
Dans ce cadre, une idée de personnage surgit :
- Un vampire aurait été laissé sur une planète lors d’une ancienne exploration.
- Les autres sont repartis.
- Lui est resté, oublié.
De là, on imagine :
- un arc autour de ce vampire isolé,
- sa manière de s’intégrer ou non à la société locale,
- son rôle dans l’histoire longue de l’univers.
Selon le ton choisi :
- Version loufoque / humour noir : ambiance décalée, quiproquos, jeu sur le décalage culturel.
- Version dark / paranoïaque : ambiance “Among Us” dans un vaisseau, suspicion permanente, secret autour de son identité.
Ce personnage pourrait devenir l’un des fils rouges de l’univers, traversant les époques ou les révélations.
8. La caste des archivistes et les factions de la connaissance
Le groupe ajoute ensuite une couche plus abstraite :
une caste d’archivistes.
Plusieurs variantes sont évoquées :
- Une espèce archiviste à part entière, avec :
- une planète sanctuarisée, ultra-protégée, interdite d’accès,
- la mission d’archiver tout ce qui se passe dans l’univers.
- Ou bien une faction religieuse / philosophique au sein des vampires (ou d’autres espèces), organisée en :
- “religion de la science” : accumulation de savoir, de compétences, d’expériences.
- “religion de la mémoire” : enregistrement du passé, conservation des traces.
Les archivistes pourraient développer des pouvoirs psychiques :
- En touchant un objet, ils voient son histoire.
- Ils deviennent les gardiens de la mémoire matérielle de l’univers.
Les vampires, chercheurs de longue durée de vie, auraient tout intérêt à :
- recruter ces profils,
- ou reproduire ces capacités dans d’autres espèces,
- pour créer des alliés-archivistes au service de leurs recherches.
Chaque planète pourrait alors abriter :
- ses propres factions de la connaissance,
- ses dissidents qui détournent la technologie vampirique à leur profit.
9. En 20 minutes : un univers quasi exploitable
À la fin de cette séquence, le constat est posé à voix haute :
- À partir d’une simple idée de départ (mélange de genres),
- en 15–20 minutes de discussion,
- le groupe dispose déjà d’un embryon d’univers solide :
On a désormais :
- un cadre spatial (flotte de meutes, exploration, empire ancien),
- un bestiaire cohérent (loups-garous, vampires, hommes-chats, chimères, xéno-animaux),
- une mythologie d’origine (malformations, fossiles, empire ensemenceur perçu comme divin),
- une timeline structurée en ères distinctes,
- des axes de personnages potentiels (vampire oublié, archivistes, capitaines alphas, scientifiques vampires),
- des conflits possibles (révoltes, appropriation de technologies, guerres de mémoire),
- une multitude de thèmes à exploiter (eugénisme, traditions, relations inter-espèces, etc).
L’univers reste à détailler, mais il tient déjà debout.
Et surtout, il est né en direct, à plusieurs voix, dans le flux d’un simple atelier.
Imagine ce que cela peut donner si on y travaillait sérieusement pendant des mois, avec des réflexions plus approfondies ?
Imagine qu’on puisse t’aider à développer ton propre univers lors d’un coaching ?
C’est une expérience inédite… et un défi que nous relevons !

